Lieu (commune, département)

Saint Hilaire de Lavit, Lozère (48)

Surface (en ha)

Total en cultures: 1.4 ha ( dont 0.5 ha de terrasses de cultures pour Petits fruits, arboriculture et maraichage diversifié et 0.9 ha de chataigneraie )

Nombre de personnes

1 personne en mi/temps sur la chataigneraie (Valérie) + 1 personne à la retraite (Jean-François) + aides ponctuelles du voisinage

Label
  • Agriculture Biologique
  • Nature & Progrès
Commercialisation

Jean-François (terminé) : vente directe sur les marchés, vente à la ferme Valérie (actuellement) : Biocoop Mende

Répartition
Thématiques
Rapport.s
Viabilité

« Je pensais qu’en mettant un logement et des terres à disposition, cela fonctionnerait comme à mon époque. Aujourd’hui, je vois que les projets d’installation sont plus divers et qu’ils demandent un cadre plus construit. »

Compétence.s acquise.s

Formaliser les attentes des parties (besoins techniques, économiques et humains du projet….)

Capitaliser sur une première expérience pour mieux transmettre

Adapter le projet de ferme aux opportunités de transmission

Se faire accompagner par les structures spécialisées (ADEAR, Chambre d’Agriculture, Terre de Liens…)

Parcours à l'installation

 

 

 

Galerie
Vidéo
Avec le soutien opérationnel de…

Projet TR’OCC

L’historique : de l’achat à la diversification des activités
Après une première expérience en élevage caprin dans les Cévennes, Jean François s’installe au Veyrassis à Saint Hilaire de Lavit en 1990 au cœur des Cévennes sur un territoire très peu peuplé et aux contraintes géographiques importantes, ne laissant que peu de marges dans le choix des activités agricoles possibles. Les forêts pentues composées de châtaigniers et de pins principalement offrent aux paysan-nes sont à compter parmi les rares ressources agricoles disponibles. L’activité de la ferme est alors principalement dédiée à la transformation de châtaignes, les arbres ayant été plantés bien avant leur arrivée. À l’époque, les terrains autour de la maison sont envahis de ronces, les murs quasi-inaccessibles et seul un chemin de piste permet de rejoindre le bâti. Les travaux s’annoncent importants mais la châtaigneraie, les terrasses de culture, la présence d’eau à proximité et l’envie de nombreuses personnes de s’installer dans cette région à cette époque, en font une ferme à grand potentiel.

Dans les années 1990, la ferme s’anime :
Jean François défriche les terrasses de culture ( environ 0,5ha), et la châtaigneraie ( 0,9ha située au dessus de la propriété), restaure les batis (maison d’habitation et maison de gîte ) et commence son activité agricole, sa compagne travaille à l’extérieur de la ferme et l’aide sur place et ils remboursent leurs emprunts. La ferme accueille progressivement des animaux (ânes, brebis pour la viande) et développe une activité de maraîchage en agriculture biologique puis certifiée Nature & Progrès.
Un gîte (devenu accueil paysan) et des randonnées (Jean-François est guide de montagne) complètent les revenus.Les produits (maraîchage, petits fruits, châtaignes) sont vendus au marché de Florac, dans les épiceries et sur place à la ferme Entre 1995 et 2000, sa compagne passe à mi-temps à la ferme. Dix ans plus tard, dans les années 2000, Jean-François participe à la création de la CUMA du Pendedis (officiellement fondée en 2010).

Une première tentative de transmission
En Mai 2016, Jean François, âgé de 65 ans, part officiellement à la retraite. Sa compagne alors devient alors cheffe d’exploitation sur la ferme. Suite à une séparation et dans un contexte où aucun de ses enfants ne souhaitant alors reprendre l’activité et soucieux que la vie à la ferme et du village prospèrent, il décide de transmettre sa ferme, alors déjà en retraite. Il transforme l’ancien gîte en logement à l’année et propose à un couple (Martin et Justine) nouvellement installé-e-s en Sud Lozère, sans expérience agricole mais déterminé-e-s, d’habiter le logement transformé de gite en maison d’habitation via un bail de location et de reprendre une partie des activités (maraîchage, petits fruits) à partir de 2017, en mettant à disposition matériel, châtaigneraie et terrasses de cultures. Justine, en Octobre 2018 crée un statut de cotisant solidaire et reprend la châtaigneraie (0,9 ha). Martin se voit proposé un contrat à temps partiel auprès d’une dizaine d’agriculteur-ices du voisinage avec la création d’un groupement d’employeur. L’usage et l’entretien des terrasses de culture est prévu et permis par le bail de location alors que la châtaigneraie est mis à disposition via un commodat renouvelé.

Les fragilités d’une transmission non accompagnée
Les premières années d’installation et de pratique agricole laissent entrevoir un avenir prometteur pour cette transmission. Une forme d’équilibre économique est trouvé : Martin, salarié à mi temps bénéficie d’un revenu stable et sécurisant en dehors de la ferme tout en conservant du temps à dédier à l’exploitation. Justine prend ses marques dans les nombreuses tâches agricoles à mener et Jean François peut aider, conseiller, accompagner. Pourtant, la combinaison des contraintes physiques de Jean-François et du manque d’expérience agricole des repreneurs progressivement la gestion de la ferme plus complexe. Le couple a racheté une partie du matériel de Jean François (irrigation notamment qu’il reprendra avec eux à leur départ) mais n’a jamais connu d’expérience agricole indépendante précédente. L’entretien de la châtaigneraie, la transformation des petits fruits ( ex : confiture) et le rapport à l’élevage ne se fait pas selon ce que Jean François avait l’habitude de pratiquer. Progressivement, les contraintes de mobilité de Jean-François l’empêchent d’apporter son soutien habituel aux travaux saisonniers, tandis que l’absence d’accompagnement extérieur (Chambre d’Agriculture, ADEAR ou autre) ne permet pas de pallier cette situation.

Faute de soutien technique ou organisationnel, le rythme des activités ralentit et des tensions apparaissent, malgré la bonne volonté de chaque partie. Le couple finit par quitter les lieux en décembre 2023, confronté à des réalités de terrain plus exigeantes qu’envisagé initialement et laissant derrière eux un projet qui ne correspondait pas totalement à leurs aspirations.
Jean-François observe aujourd’hui une dégradation partielle des outils et des parcelles, illustrant les limites d’un processus de transmission mené sans appui structuré. A titre d’exemple, manque aujourd’hui du matériel d’irrigation acheté et repris par Justine lors de son installation, nécessaire à la réintroduction de maraîchage sur les terrasses tandis que la phase de renouvellement de la châtaigneraie déjà initiée en 2016 n’a pas été poursuivie ( arbres de remplacement plantés non entretenus ).

Une transmission partielle à étendre
En 2024, Jean François après cette première expérience au bilan mitigé, décide de renouveler l’expérience de transmission. Il se tourne alors vers Valérie, voisine agricultrice éleveuse bovin qu’il connaît depuis de nombreuses années et qui souhaite développer son activité de châtaignes. L’entente se fait bien et Jean François accepte de signer un commodat permettant d’entretenir les terrains tout en confortant l’activité d’une exploitation reconnue (celle de Valérie). En parallèle de la châtaigneraie (0,9 ha), une autre voisine profite désormais d’une partie des terrasses de maraîchage pour y faire son jardin potager en échange de défricher régulièrement autour, alors que des brebis et des ânes viennent plusieurs fois par an en pension sur l’ensemble des prés : le service profite à tout le monde mais ne se substitue pas à une transmission globale, attendue, à terme, pour faire perdurer une ferme aux nombreuses ressources.

Vers une transmission progressive et une ferme recomposée
Les expériences menées depuis 2024 montrent qu’une transmission peut se construire par étapes. En s’appuyant sur les projets de Valérie et des voisines, la ferme reste vivante, les terres sont entretenues et de nouvelles complémentarités émergent, ouvrant la voie à une reprise globale adaptée aux réalités du territoire.

Vous avez un projet de reprise agricole ?
Si votre projet pourrait s’inscrire dans la continuité de la ferme du Veyrassis et répondre aux perspectives de transmission de Jean-François, n’hésitez pas à contacter l’ADEAR 48, qui pourra vous accompagner dans la mise en relation et la construction de votre projet.

Frise d’acquisition du savoir-faire
1990
Installation au Veyrassis. Défrichage et relance des activités agricoles
Mai 2016
Départ à la retraite de Jean-François
2017
Installation de Martin et Justine : mise à disposition du logement, du matériel agricole, de la châtaigneraie et des terrasses de culture.
Octobre 2018
Reprise de la châtaigneraie par Justine. Martin rejoint un gr. d'employeurs agricoles du voisinage à temps partiel.
Décembre 2023
Fin de l'activité agricole de Justine et du contrat de Martin, départ du logement
2024
Signature d'un commodat entre Jean-François et Valérie pour l'usage de la châtaigneraie
Depuis 2024
Jean-François aide Valérie pour l'entretien et la récolte de la chataigneraie et recherche une reprise pour les terrasses

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