Carte d’identité
Lieu (commune, département)
L'Isle Jourdain ; Escorneboeuf (GERS)
Surface (en ha)
18ha dont 1ha à Embazac (commune de L’Isle Jourdain) + 17Ha au Petit Rouin (commune d’Escorneboeuf à 25km).
Nombre de personnes
2 ETP, agriculteur et gérante SARL + wwoofers et/ou stagiaires/apprentis
Cheptel
15 anêsses
Label
- Agriculture Biologique
Commercialisation
Lait frais, surgelé, lyophilisé, savons et cosmétiques / vente directe
Répartition
Rapport.s
Viabilité
CA actuel et évolution : Historiquement commercialisation dans des foires et salons avec CA annuel à 200 000€. Les 10 dernières années: 105 000€ en moyenne avec choix de ne plus faire que de la vente directe EBE : au réel Salaire : 1200€/mois pour l’agriculteur + 1200€/mois de gérance SARL
Vivabilité
Répartition des tâches : production-transformation 1 ETP / commercialisation 1 ETP Horaires quotidiens : 11h en production/transformation – 7h en commercialisation 7J/7 Congés : 2 mois de congé en 30 ans mais choisi (les salons étaient considérés comme des congés / rupture du quotidien)
Parcours à l'installation
Après 10 ans comme informaticien pour une grande entreprise de tourisme, Jean-François, à 28 ans, se lance en autodidacte pour le compte de l’INRA, dans la recherche bibliographique sur le lait d’ânesse. Ce sera le point de départ de son projet, pionnier en France à son installation.
En 1995, fort de ses découvertes sur les propriétés incroyables du lait d’ânesse, il choisit de se lancer dans sa production. Il se forme et obtient un BEPA option « élevage ovin ». En 1999, il s’installe en nom propre avec 4 ânesses et un âne à proximité de Toulouse, sur 10Ha en contrat de location avec Veolia et investit dans des machines à savons. Il doit toutefois renoncer dès le départ aux aides à l’installation car sa production n’est pas référencée à la chambre d’agriculture (car disparue des productions en France). Il démarre pour la même raison sans appui technique des structures agricoles gersoises. C’est donc à la force d’expérimentation, au fil du temps, qu’il va construire son système et son savoir-faire.
En 2000, il s’installe avec 6 ânesses chez sa femme Bénédicte, alors propriétaire de 1Ha à l’Isle Jourdain. En 2005, il crée la SARL Âsinerie d’Embazac, dont il est actionnaire majoritaire et Bénédicte gérante, pour mener à bien les objectifs :
– Commercialiser du lait bio, sous forme frais, surgelé, lyophilisé (à partir de 2015) ou transformé en savon et cosmétiques ainsi que de l’achat-revente de produits dérivés
– Accueillir et sensibiliser du public en proposant des visites à la ferme, de l’hébergement en gîte
Galerie
GERsMES
Etienne LAUR
56 avenue des Pyrénées
32000 Auch
France
07 44 41 45 39
contact@gersmes.fr
Parti d’une ferme avec 4 ânesses sur 10Ha en fermage puis 1Ha en propriété, son cheptel a pu augmenter jusqu’à 20 mères. En 30 ans, la ferme s’est stabilisée à 15 mères sur 18Ha en propriété, dont 5Ha sont occupés par d’autres productions, poulet, maraichage diversifié, verger, conduites par d’autres producteurs, en fermage ou en test d’activité.
Un élevage à taille humaine et des pratiques engagées en AB
L’âne est un animal rustique, nécessitant peu d’intervention : l’alimentation se base sur herbe/foin, avec un complément bio pour les laitières, nécessaire pour la bonne santé des ânesses et pour l’image vis-à-vis du public
Les ânesses sont en gestation 1 an sur 2, pâturent en prairies, en rotation et gestion extensive (2 bêtes/ha), sur des parcelles sans intrant. Les ânons mâles et femelles sont vendus à des particuliers après 1 an.
La production de lait se fait à Embazac. Les savons sont façonnés à la ferme, les cosmétiques sont élaborés par un laboratoire local, sans colorant, odeur de synthèse ou paraben, et conditionnés dans des emballages recyclables, au maximum en verre.
Bâtiments : A Embazac, une ferme et ses dépendances comprenant 1 habitation, 1 salle de traite, 1 atelier de transformation (savonnerie, surgélation, lyophilisation), 1 lieu de vente, 1 espace d’accueil pour le public et 8000m2 de paddock avec abri pour les ânesses qui produisent.
Au Petit Rouin, une ferme et ses dépendances comprenant 1 habitation louée par l’éleveur de poulets, 1 grange, 3 serres irriguées et des abris pour l’activité de maraichage.
Matériel : Investissement en priorité sur du matériel d’occasion
Technique de production-transformation du lait d’ânesse
Seuls sur le marché au démarrage, Jean-François et Bénédicte ont dû expérimenter, s’adapter, rebondir, notamment sur la partie transformation, et lyophilisation à partir de 2015 (seuls alors en France). Jusqu’en 2015, le lait d’ânesse était une production de niche très rémunératrice, même avec 20 mères. Elle a été croissante, jusqu’à ce que le marché se développe à l’international, en Italie et en Chine. En 1997, ils vendaient le lait à 200 F/L. Aujourd’hui, ils le maintiennent à 30€/L, malgré une concurrence accrue (entre 15-20€/L en Italie et 8€/L en Chine !!). Ils font alors le choix de l’innovation, pionnier encore, en lyophilisant le lait pour augmenter le stock. Avec 10 ânesses, ils produisent, tous les 2 mois, 200kg de lait lyophilisé à 400€/kg. Aujourd’hui, ils concentrent leurs ventes vers des petits laboratoires régionaux fidélisés, qui connaissent le produit, sa qualité. Ils misent sur la qualité et le local.
Des productions multiples en collaboration
Élevage d’ânesses : 1Ha à Embasac pour les ânesses en production + 9Ha de prairies permanentes au Petit Rouin pour celles en gestation. Jean François est chargé de la partie production-transformation-accueil du public à plein temps, Bénédicte de la commercialisation à plein temps.
Élevage de poulets bio : 3Ha en fermage au Petit Rouin, conduit en toute indépendance par Sébastien
Maraichage bio diversifié : 1 Ha au Petit Rouin conduit en toute indépendance en test d’activité
Verger : 1 Ha planté au Petit Rouin, non encore productif
Accueil à la ferme : Autour de leur élevage, en parallèle à la production, ils ont rapidement développé une activité complémentaire d’accueil à la ferme, sous forme de visites, dont les formules et les publics ont évolué au fil des expériences et des opportunités. Aujourd’hui, ils accueillent principalement des groupes de retraités, des crèches et des familles.
Des aménagements pour la biodiversité non productive au service de la biodiversité cultivée : maintien de 3Ha de forêt, création de mares et plantation de haies.
Une organisation qui a évolué : Jean-François et Bénédicte travaillent ensemble à Embazac. Au petit Rouin, Jean-François a la volonté de réfléchir les usages et les collaborations collectivement sur la ferme du Petit Rouin avec l’éleveur de poulets et le maraicher.
Expérimentation autour de la ferme diversifiée
L’acquisition en 2015 de 17Ha de la ferme du Petit Rouin, à Escorneboeuf (à 24km d’Embazac), a été un autre tournant pour Jean-François et Bénédicte avec un projet à deux qui évolue : un projet qui veut repenser l’utilisation des espaces au service de la diversification, un projet qui veut accueillir d’autres productions et associer d’autres humain.es. Les ânesses arrivent au petit Rouin pour pâturer sur les prairies permanentes. Jean-François crée la SARL « Petit Rouin» à but agricole et immobilier avec ses enfants. Il crée une mare, maintient une forêt de 2,5Ha. Il installe son fils Quentin en 2017 sur 1Ha en maraichage diversifié. En 2018, il rencontre Sébastien qui s’installe en fermage sur 3Ha, en production de poulets bio. En 2020, il plante 1Ha de verger.
En 2024, suite à l’arrêt de l’activité de maraichage par son fils, il engage un partenariat avec GERsMES, l’Espace-Test Agricole Gersois et accueille Gabriel en test d’activité, en maraichage diversifié, sur la parcelle et les équipements laissés par son fils.
Après la production de lait d’ânesse, son dada, c’est l’organisation d’une ferme pour la rendre multifonctionnelle, viable et résiliente : prouver qu’on peut faire différemment, collectivement, dans le respect de chaque collaborateur-ice.
Les limites selon lui ? Trouver les personnes avec qui c’est possible. Avec Sébastien, ça fonctionne, il a de l’expérience et des valeurs proches. Avec Gabriel en test d’activité, c’est moins évident. Malgré des valeurs partagées, Gabriel démarre. Préoccupé par son projet, il n’est pas encore dans cette projection. Comme accueillant du test d’activité, Jean-François ajoute une corde à son arc, la transmission : sans jamais imposer, enclin au partage d’expérience, il souffle des pistes d’amélioration, comme par exemple planter des arbres sur la parcelle de maraichage pour limiter les pertes lors des épisodes estivaux de plus en plus chauds et secs, même si ça implique plus de complexité pour travailler la parcelle. Il projette d’ailleurs l’expérimentation de bandes potagères dans le verger comme vitrine et inspiration pour la parcelle maraichère.
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