Lieu (commune, département)
Les Voivres (88)
Surface (en ha)
30ha
Nombre de personnes
1
Cheptel
54 chèvres en lactation, 14 chevrettes de plus d'un an, 10 chevrettes de moins d'un an, 1 bouc
Label
- Agriculture Biologique
Commercialisation
Vente directe et circuit court
Répartition
Rapport.s
Viabilité
Chiffre d’affaire 2024 : 37 066€ et 2023 : 14 124€
Charges 2024 : 88 237€ et 2023 : 42 099€
EBE 2024 : 3 980€ et 2023 : -10 921€
Vivabilité
Horaires Entre 70h et 90h par semaine en saison, et autour de 35h par semaine en saisons de tarissement
Congés 3 jours en saison et 1 semaine en hiver
Parcours à l'installation
Née à Nancy, Chloé emboîte les pas de sa mère avec une première carrière professionnelle en tant que coiffeuse dans le centre de Paris.
Ses proches lui avaient prédit qu’elle retournerait proche de ses terres natales un jour, et ils avaient raison ! Son premier contact avec la fromagerie s’est fait après le festival Relanges Bio dans les Vosges, au cours duquel lui a présenté un fromager chez qui elle a pu se former. Elle a ensuite décidé de suivre une formation de découverte des métiers de l’agriculture et du paysage au Pradel, en Ardèche, en 2019 ce qui lui a permis de trouver son premier emploi en tant que chevrière-fromagère dans les Alpes. S’en est suivi un BPREA au CFPPA de Mirecourt, formation durant laquelle elle part en stage en Haute-Savoie. Ce dernier stage l’a convaincu de ne pas s’installer en montagne vis-à-vis du dénivelé et terrain accidenté, ni dans un endroit touristique.
Elle s’installe sur le lieu actuel sous le statut de cotisante solidaire en 2021, et démarre en tant que cheffe d’exploitation en 2023 sur la ferme. Après une première année difficile, Chloé obtient des meilleurs résultats en 2024, malgré quelques erreurs de gestion. Fin 2025, débutent les travaux de construction pour construire une fromagerie afin de gagner en confort pour ses productions.
Galerie
Valoriser toutes les productions
Chloé a dès le début cherché à valoriser au maximum ses productions, par passion et pour maitriser sa valeur ajoutée.
Une de ses productions originales est la viande de cabri. « Si on mange du fromage de chèvre, il faut manger le cabri ». Pour les nourrir tout en préservant sa production de lait de chèvre, elle achète du lait de vache dans des fermes bio voisines. Les cabris sont nourris jusqu’à leur 3ème mois, puis transportés à l’abattoir de Luxeuil, bien dimensionné pour le caprin. Chloé justifie ce choix de deux manières. Premièrement, celui lui permet de valoriser un effort qu’elle fournit et de ne pas perdre certaines de ses productions. Cet aspect est plus motivé par une vision politique sur l’autonomie de la ferme, car Chloé ne fait pas beaucoup de marge sur la vente d’un cabri (environ 10€ par tête). Deuxièmement, Chloé est heureuse de savoir que le cabri a eu vie agréable avant d’être abattu, et elle ne souhaite pas qu’ils soient engraissés industriellement en Italie.
Plus classiquement, mais avec autant de passion, Chloé transforme le lait de ses chèvres en fromage, en emprésurés, ou en yaourt selon la quantité d’eau que le lait contient. Pour l’instant, elle prépare ses fromages dans une construction modulaire situé à l’extérieur de la ferme. Pour gagner de l’espace et en ergonomie, elle a commencé à construire une fromagerie dans la chèvrerie. Chloé attend beaucoup de cette fromagerie, car la construction modulable la limite dans sa capacité de production.
La vigilance sur les conditions d’installation
Chloé tient à attirer la vigilance des installé·es récent·e sur les conditions dans lesquelles ils commencent leur activité.
En premier lieu, la réalisation d’un prévisionnel économique est une étape à ne pas prendre à la légère. Mieux vaut faire relire ce document pour être sûr qu’il ne contient pas d’erreur. Quand Chloé a réalisé son prévisionnel, certains frais de mise aux normes n’avaient pas été comptés. Elle a dû contracter un nouvel emprunt, limitant le montant du revenu qu’elle peut se verser.
Chloé a aussi vécu une transmission de ferme complexe. Sans rentrer dans les détails, nous dirons que son expérience montre à quel point il faut être vigilant sur toutes les dimensions humaines et économiques d’une reprise.
Le lieu d’installation est aussi très important. Premièrement, Chloé a fait le choix de s’installer proche de sa région natale. Elle peut donc bénéficier de l’aide de sa famille une fois toutes les deux semaines. De même, certains des paysans voisins de son exploitation l’aident de temps à autres, notamment sur des questions de mécanique, un sujet sur lequel elle continue à ce jour de se former. Enfin, Chloé habite dans une maison qu’elle loue sur un terrain qui compte plusieurs autres habitations. Grâce à cette disposition, elle a tissé des liens avec ses voisin·nes qui partagent en partie son mode de vie. Ses voisin·nes sont devenus ses amis. Maintenir une vie sociale au quotidien peut être un atout majeur quand on est paysan·ne.
La difficulté du métier d’éleveuse de chèvre
Rapidement dans l’entretien, le sujet de la difficulté du métier de paysanne est apparu. Chloé adore ses bêtes et la ferme, ce qui la motive au quotidien, mais elle regrette que l’on ne l’ait pas plus prévenu des difficultés du métier. En effet, mis à part un ami éleveur, elle considère que personne ne l’avait prévenu que la charge de travail serait si élevée. Des difficultés rencontrées, Chloé aimerait tirer des leçons.
Chloé a l’impression de vivre en décalage avec les autres : ses journées peuvent commencer à 5h30 et finir à 20h30. Chloé aimerait à la fois travailler 24h/24h, car elle aime ses bêtes et en prendre soin, mais aussi finir le travail à des horaires décents pour profiter de la vie en dehors. La question de l’organisation du travail sur la ferme reste pour l’instant à améliorer, mais elle illustre bien comment l’emprise temporelle de l’élevage peut peser sur la vie personnelle.
Enfin, Chloé a fait des erreurs durant les premières années de vie de sa ferme, erreurs qui l’ont mise en difficulté financière. À la suite d’une année très humide, elle a eu du mal à trouver de l’orge pour complémenter l’alimentation de ses chèvres. Elle s’est décidée à changer d’aliment, mais n’a pas respecté les délais pour la transition. Elle a brûlé les papilles ruminales de ses chèvres, qui ont eu du mal à assimiler la nourriture. Chloé a depuis appris de cette erreur. Elle fait appel à plus de conseil, notamment de Bio en Grand Est, pour gérer les aspects les plus techniques de l’élevage des chèvres.
Frise d’acquisition du savoir-faire
2019
Début de formation au Pradel en Ardèche
2021
Installation avec le statut de cotisante solidaire
Juillet 2023
Installation en tant que cheffe d'exploitation agricole
2024
Expérimentations sur l'alimentation des chèvres
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