Carte d’identité
Lieu (commune, département)
Bédarieux (34)
Surface (en ha)
3ha (dont 0.8 ha de maraîchage et 500 m² d'abri froid)
Nombre de personnes
1 chef d'exploitation + main d'oeuvre saisonnière (6 mois/an)
Label
- Agriculture Biologique
Commercialisation
Vente directe exclusivement : marchés de Bédarieux et Lamalou-les-Bains
Répartition
Rapport.s
Viabilité
Chiffre d’affaires du cédant : entre 60 000 € et 70 000 €/an – maraîchage (et quelques fruits) Charges annuelles du cédant : environ 30 000 €/an – peu d’intrants – charges essentiellement liées à l’embauche de main d’oeuvre salariée Evolution après reprise : charges supplémentaires ferma
Vivabilité
Charge de travail : de 50h/semaine en période creuse à 70h/semaine en période estivale Congés : pause de 15 jours en hiver Embauche de saisonniers au printemps et en été
Parcours à l'installation
Simon arrive dans l’Hérault en 2016, à 31 ans et décide de s’y installer. Il envisage d’abord une installation en viticulture, dans la continuité de sa formation, puis s’oriente vers le maraîchage, qui est pour lui une production davantage porteuse de sens.
En recherche de foncier, il déménage à Bédarieux, qu’il a identifié comme territoire plus propice pour sa future installation. Pendant 2 ans Simon poursuit sa recherche, et rencontre Jean Pierre, chez qui il se fournit en légumes sur le marché. Ils sympathisent, et Simon va parfois lui donner un coup de main sur sa ferme, pour rendre service tout en s’initiant au métier.
En 2023, Jean Pierre évoque la possibilité de lui transmettre sa ferme. Ils travaillent ensemble sur ce projet courant 2024, avec Simon qui réalise en parallèle sa demande de DJA.
Transmission / association
Après plusieurs visites et échanges, Jean-Pierre et Simon décident de prendre le temps de travailler ensemble pour confirmer le projet de transmission-reprise. A la recherche d’un cadre pour le faire et sur les conseils de Terres Vivantes, ils font une demande de CEFI (Contrat Emploi Formation Installation) auprès de la Région Occitanie. Grace à ce contrat, ils travaillent ensemble pendant 8 mois, apprennent ainsi à se connaître et définissent les contours du projet de transmission.
Galerie
ARDEAR Occitanie
Fanny THUAULT
Mas Saporta
bât B
34 875 Lattes
fanny.thuault@jeminstallepaysan.org
Ouverte aux stages
La ferme est ouverte aux stages :Stage de découverte, Stage non rémunéré, Stage rémunéré, Apprentissage
Postuler à un stage
Travailler ensemble pour consuire la confiance
Jean Pierre est installé sur sa ferme depuis 3 décennies. C’est un lieu atypique dans lequel il s’est beaucoup investi. Il l’a véritablement créé, en défrichant une parcelle qui était initialement boisée. Il y est attaché et a besoin de construire la confiance avec son futur repreneur : savoir que son successeur sera en mesure d’assurer la gestion de cet espace, et savoir qu’il dispose d’une capacité de travail suffisante pour tenir la ferme.
Jean Pierre aurait préféré que l’un·e de ses enfants reprenne. Mais aucun·e d’entre elleux ne le souhaitait, alors il a envisagé une transmission hors-cadre familial. C’est pour ça qu’il a besoin d’être rassuré.
Les 8 mois de travail en commun prévus dans le CEFI vont permettre à Jean Pierre de s’assurer des capacités de travail de Simon, à la fois en terme de quantité et de qualité (technicité, minutie). Ils vont lui permettre aussi d’arriver à vraiment faire le deuil de la transmission familiale, en montrant que c’est possible avec quelqu’un·e d’autre, quelqu’un·e qui a les capacités pour s’occuper de la ferme.
Pour Simon, c’est aussi un moyen pour tester et vérifier son aspiration pour le métier et sa volonté réelle de devenir maraîcher, lui qui n’a pas eu d’expérience professionnelle auparavant dans cette production. 8 mois pour vivre cette expérience, endosser à temps plein le costume du maraîcher de métier. Le temps pour conforter son choix.
Enfin Jean Pierre et Simon sont dans une situation bien particulière vis-à-vis de cette transmission-reprise : ils se préparent à co-habiter sur le lieu, avec également la compagne de Jean Pierre. Ils ont aussi besoin de tester cette configuration, d’apprendre à vivre ici et ensemble sur le long terme. De construire leur confiance dans la réussite de ce projet collectif. Là encore le CEFI est un outil pour essayer et voir comment ça peut se passer. Un déclencheur pour oser se lancer sur une période plus longue.
Une période de transition pour organiser la transmission effective
Sur le plan opérationnel, les 8 mois de travail en commun vont permettre d’organiser la transmission effective de l’activité, et ce sur au moins deux plans :
– D’une part en offrant un espace pour la formation technique de Simon, qui n’avait pas d’expérience antérieure en maraîchage ; et plus largement, un espace de transmission des compétences pour la gestion de ce terrain dans son environnement, comprendre les sols, les circulations d’eau, les bordures, etc.
– D’autre part, pour le passage de relai auprès de la clientèle principalement, et au delà auprès de toutes les personnes qui gravitent autour de la ferme.
Des temps d’accompagnement pour assister les négociations
Le dispositif CEFI prévoit des temps d’accompagnement destinés à la régulation des relations entre cédant et repreneur, et à la préparation des modalités de la reprise à l’issue de la période de travail en commun.
Jean Pierre et Simon, accompagnés par Astrid et Chloé de l’association Terres Vivantes, vont les utiliser pour clarifier leurs attentes respectives, puis négocier les conditions de réalisation de la transmission-reprise. Ces négociations porteront notamment sur le rachat du matériel, des stocks, et sur le montant du fermage. Ces sont des sujets difficiles, il faut réussir à écouter les attentes de l’autre et à construire des compromis réalistes et surtout tenables dans la durée.
Il faut prendre en compte l’existence d’éléments symboliques, pour lesquels il y a un écart entre leur valeur effective et ce qu’ils représentent pour l’un ou pour l’autre. Par exemple le stock en terre a une valeur financière modeste par rapport à l’ensemble de la transmission, mais c’est un enjeu de reconnaissance pour Jean Pierre, ce qui en fait un point d’achoppement dans la négociation. A l’inverse, la place de marché peut chiffrer beaucoup plus, c’est un enjeu financier pour Simon, mais pas pour Jean Pierre.
L’accompagnement de Terres Vivantes a été capital. Il m’a permis de m’affirmer dans le processus de négociation.
Le travail des accompagnatrices dans cette phase a été d’aider chacun à définir et à verbaliser ses attentes vis-à-vis de l’autre ; de permettre à chacun de prendre sa place dans le processus de négociation. Pour cela, elles ont réalisé, à chaque rendez-vous d’étape, des temps individuels (chacun avec son accompagnatrice), suivis de temps en collectif à 4 (Simon, Jean Pierre, Astrid et Chloé).
Ces temps d’accompagnements ont été cruciaux. L’essentiel des négociations a été fait à ces occasions, peut-être parce que la présence des accompagnatrices permettait de se confronter dans un espace sécurisant pour les deux parties, et de laisser ces discussions se dérouler hors de l’espace de travail quotidien.
Terres Vivantes a été essentielle pour nous faire discuter et arriver à des consensus.
Et maintenant ?
A l’issue du CEFI, les compromis ont été réalisés. Toutes les attentes n’ont pas pu être satisfaites et cela peut laisser un goût d’amertume… Mais la transmission s’est réalisée, Simon s’est installé et Jean Pierre a pu prendre sa retraite. Reste à voir comment elle évoluera dans le temps. Pour le moment la cohabitation se poursuit, les activités de la ferme se poursuivent dans la continuité de l’existant, les marchés ont été conservés. Jean Pierre réalise ponctuellement quelques travaux de labour.
Dans cette expérience le CEFI a permis d’ouvrir d’autres niveaux d’échanges que la simple négociation des modalités de transmission-reprise. En construisant la confiance sur le terrain, Jean Pierre et Simon ont pu ainsi aller à la phase de négociation en étant sûrs de leur volonté commune d’aboutir avant la date butoir de la retraite. L’accompagnement de terres Vivantes a permis de vivre au mieux le processus de négociation, en permettant à chacun de prendre sa place. Et c’est grâce à ça qu’ils ont réussi à parvenir à un accord.
S’il n’y avait pas eu le CEFI, ça aurait capoté direct. Astrid
Frise d’acquisition du savoir-faire
2022
Démarrage de la recherche de repreneur par Jean-Pierre
2023
Rencontre avec Simon sur un marché
2024
Contrat de parrainage CEFI (8 mois) et accompagnement à la Transmission avec Terres Vivantes
2025
Départ en retraite de Jean-Pierre et création d'entreprise de Simon
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