Carte d’identité
Lieu (commune, département)

Clermont l'Hérault (34)

Surface (en ha)

270 ha

Nombre de personnes

2 personnes (Christiane et Jacques > Manuel et Marion) + 1 salarié.e en saison (400 heures)

Cheptel

38 bovins + une trentaine de brebis (après transmission)

Label
  • Agriculture Biologique
Commercialisation

Boutique de producteur et magasin bio

Répartition
Thématiques
Rapport.s
Viabilité

chiffre d’affaire : 150 k€ dont 70k€ de primes PAC revenu : 1 SMIC/associé.e + crédit d’impôt AB

Vivabilité

temps de travail estimé à 35 h/semaine/personne

Galerie
Avec le soutien opérationnel de…

Projet TR’OCC

Octobre 2016. Manu s’installe officiellement avec sa mère Christiane et avec Jacques au sein du GAEC Germane Salagou. Jacques prend sa retraite 3 mois plus tard et laisse Manu et sa mère aux commandes de la ferme.

Premier acte : Manu et sa mère

Très vite après une première période d’apprentissage, Manu prend ses marques et s’autonomise. Il veut tester des nouveautés qu’il a repérées chez d’autres éleveur·euses, dans son réseau professionnel, qu’il a largement développé dans son parcours à l’installation. Christiane, à ce moment de sa carrière, n’est pas du tout dans la même dynamique. Les désaccords apparaissent, à propos des pratiques d’élevage, des techniques pastorales… et plus largement sur le pilotage de la ferme. Comment se mettre d’accord, comment prendre les décisions à deux ?

La confrontation permanente n’est pas tenable. Elle se résout de manière pragmatique, par l’éloignement et la séparation des tâches plus que par la discussion. Les désaccords sont toujours présents mais ils sont moins visibles. Les choses évoluent, petit à petit, sans faire l’objet de grandes décisions. Christiane et Manu y trouvent leur compte. La situation s’apaise mais les tensions restent latentes…

Deuxième acte : l’arrivée de Marion

Marion rejoint le GAEC deux ans plus tard, avec un projet de diversification en verger de petits fruits, et une évolution des débouchés de la ferme avec l’entrée dans une boutique collective. Avec une associée en plus, les relations sur la ferme se complexifient, mais l’arrivée de Marion permet de mettre fin au huis clos entre Christiane et Manu.

Le changement d’échelle décide aussi les trois associé·es à s’engager dans une formation pour les collectifs agricoles, dispensée par l’ATAG. Iels vont en ressortir avec une certaine prise de recul, ainsi que des outils pour gérer les tensions existantes et permettre de fluidifier le travail sur la ferme : une réunion hebdomadaire pour envisager la semaine et se répartir le travail ; un règlement intérieur pour définir les grandes lignes du travailler ensemble ; ainsi qu’une prise de conscience collective et pour chacun.e qu’il faut accepter qu’on a pas tous la même vision de ce qui se passe, et qu’il faut oser se dire les choses.

Troisième acte : le changement de production

Les relations de travail ont fini par s’apaiser à force de compromis et d’intelligence collective. Christiane s’est ouverte aux changements apportés par Manu, Marion a trouvé sa place entre son mari et sa belle-mère. Mais le trio va vivre une nouvelle épreuve quand Manu s’ouvre à sa mère, de son envie de changer la production dominante de la ferme

Manu découvre les vaches Galloway un peu par hasard, lorsqu’un collègue vient pâturer une de ses parcelles avec un lot de génisses. Techniquement, l’élevage bovin demande moins de travail que celui des brebis. Avec le choix cette race rustique, il est aussi moins couteux car les bêtes sont en plein air intégral, à la pâture toute l’année. Les besoins en foins sont quasi nuls. Et puis Manu se retrouve bien mieux dans la relation avec ses vaches qu’avec les brebis.

Pour Christiane c’est un déchirement, elle qui a élevé des brebis pendant toute sa carrière, à partir d’un troupeau issu de sa famille. Elle ne trouve pas avec les vaches, l’interaction qu’elle avait avec ses brebis. Les brebis pour elle, c’est la vie autour du Mas. Les vaches restent dans leur parc, elles ne s’approchent pas.

C’est dans le compromis qu’iels finiront par trouver la solution. L’activité principale va clairement s’orienter vers l’élevage bovin, mais la ferme conservera un petit troupeau de brebis, notamment pour entretenir les abords du mas. En parallèle, Christiane va réduire son travail et son implication dans le fonctionnement de la ferme. Elle reste disponible lorsque ses enfants ont besoin d’elle, mais elle ne s’implique plus dans les décisions, ni dans la gestion quotidienne. Une forme de pré-retraite en quelque sorte, jusqu’à sa sortie définitive en 2022.

Au bilan de cette expérience, on retiendra que le statut GAEC a ici apporté un cadre juridique pour permettre le travail à plusieurs sur la ferme, mais qu’il a aussi permis de fluidifier la transmission, en répartissant dans le temps les entrées/sorties d’asocié·es, au temps juste et opportun pour chacun·e.

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