Lieu (commune, département)

Blauzac

Surface (en ha)

40,5

Nombre de personnes

3 associés et une dizaine de salariés en pleine saison

Label
  • Nature & Progrès
Commercialisation

Vente directe en boutique et à la cave

Répartition
Thématiques
Rapport.s
Compétence.s acquise.s

Créer un collectif pour transmettre

Avec le soutien opérationnel de…

Projet TR’OCC

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ARDEAR Occitanie
Fanny THUAULT

Mas Saporta
bât B
34 875 Lattes

fanny.thuault@jeminstallepaysan.org

www.agriculturepaysanne.org/ARDEAR-Occitanie

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ADDEARG
Jocelyn Michard

6 bis rue des Gardons
30350 Maruéjols-lès-Gardon
France

04 66 25 20 19

addearg@wanadoo.fr

www.agriculturepaysanne.org/gard

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François et le domaine de Malaïgue

François est fils de vigneron, petit il a travaillé dans les vignes sur l’exploitation de son père. Après un BTS agricole, il hésite à reprendre, voyage un peu avant de se lancer, ne serait-ce que pour tenter. Il tente, le travail dans les vignes lui plaît, alors il reste. Dans la fratrie, il est le deuxième : une grande sœur, un petit frère et une petite sœur. A l’époque il a longuement discuté pour savoir s’il l’un ou l’une d’entre elle voulait reprendre avec lui. Finalement, il sera seul à travailler avec son père.

L’outil de production est conséquent. Pour François et son père : 50 hectares, dont 30 de vignes. Le reste réparti entre asperges, melons et céréales et le tout en propriété. François a 24 ans à l’époque et le travail avec son père ne se déroule pas très bien. Ils essaient alors de séparer les activités pour éviter de se marcher sur les pieds, le père dans les vignes et François à la cave. Malgré leurs efforts, cela ne suffira pas et le père de François arrête en 2000. Les deux hommes n’ont pas la même vision du travail ni de la façon de conduire le domaine. Après le départ de son père, François devient chef d’exploitation et entame ses premières années à régler les dettes et à se libérer des emprunts contractés par son père. Ces années sont aussi des années ou il teste des pratiques, d’autres voies de commercialisation et un peu de diversification.

Restructurer : Le collectif comme voie d’installation-transmission

A ce moment-là, François est loin de prendre la retraite puisque dans les années 2010, il a la quarantaine. Après avoir réalisé une visite dans une ferme drômoise : la ferme des volonteux, il est bousculé et entame une réflexion autour de l’exploitation et de sa structuration. L’objectif de François est clair :

« J’essaie de transformer l’outil de production pour en assurer la pérennité. Je veux que cette ferme reste nourricière, donc je veux au maximum lever les freins qui pourraient en gêner la transmission, notamment sur la question du capital »

Pour répondre à cet enjeu, François s’inspire de la ferme des volonteux, la voie qu’il décide de mobiliser est donc celle du collectif. Cette transformation se fait progressivement. Au contact de l’ADDEARG, de juriste mais aussi d’autres collectifs, ils discutent, réfléchissent aux statuts, règles de décisions et de gestion. Petit à petit, ils identifient le cadre dans lequel ils souhaitent travailler. Ce modèle s’inscrit dans une organisation plus horizontale, et cherche à réduire au maximum les capitaux nécessaires à la création d’une activité et à mutualiser les moyens de production.

Concrètement, avec la diversification des pratiques, des productions et des circuits de commercialisation, François avait créé d’autres structures autour de l’exploitation : l’historique EARL, autour de laquelle gravitaient une EURL ainsi qu’une SAS. Avec la restructuration de l’exploitation vers plus de collectif, L’EURL et la SAS ont été les premières structures à fusionner pour permettre la création de la Société Coopérative de Production : la SCOP Malaigue. Aujourd’hui, l’EARL n’a pas encore été intégrée à l’ensemble. Une SCOP ne permettant pas à ses associés de pouvoir s’installer dans le cadre d’une demande de Dotation Jeune Agriculteur (DJA).

En parallèle, François est toujours propriétaire des terres. Toujours dans l’idée de préserver la vocation nourricière du foncier et de le sortir des possibilités de spéculation et financiarisation, son prochain objectif est de réaliser un bail emphytéotique afin d’assurer à la SCOP l’accès à un outil de production sur le long terme.

Cette transformation n’a rien eu d’évident. En effet, en procédant de la sorte, François bouscule les habitudes de la transmission et d’usage du foncier. Par ailleurs, la création et la gestion du collectif n’est pas non plus une compétence innée. Pour préserver son équilibre, les associés ont pris du temps au départ et ils continuent à investir cette question en permanence. Malgré tout ce travail supplémentaire, François est clair :

« C’est hyper stimulant, je ne me vois pas du tout retourner dans un modèle vertical »

Que retenir ?

Côté repreneurs, le collectif est souvent mis en avant comme moyen de reprendre une ferme pour un groupe de porteurs de projet souhaitant s’installer. Cet exemple illustre que des cédants aussi peuvent mobiliser ce levier pour favoriser la reprise de leur exploitation.

Au domaine de Malaigue, le collectif est mis au cœur de l’exploitation et les moyens de productions sont sécurisés et entièrement dirigés vers les travailleurs. Cette restructuration d’une exploitation viticole dans le Gard, initiée par un cédant, peut inspirer d’autres transmissions, notamment celle de gros outils de production pour lesquels le coût de reprise et les capitaux à apporter peuvent constituer un point de blocage irrémédiable.

Frise d’acquisition du savoir-faire
Visite de la ferme des Volonteux
Réflexion autour de l'outil de production, accompagnement vers le collectif
Mise au point du collectif et élaboration des statuts
Fusion EURL et SAS en SCOP
à venir…
Intégration de l'EARL dans la SCOP

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