S’installer progressivement en faisant le choix de l’autonomie financière

Pour Laurence et Bernard, s’installer en maraîchage c’était avant tout un projet de vie leur permettant d’associer leur activité et leur vie familiale.

Ils décident de produire en bio et de commercialiser en direct. Ils tiennent aussi à leur autonomie financière, à ne pas dépendre des banques et font donc le choix de ne pas faire d’emprunt.

Cotisants solidaires la première année, ils vont développer leur production progressivement avec très peu d’investissement, du matériel d’occasion ou de récupération. Sans expérience préalable maraîchage, ils reconnaissent aujourd’hui avoir eu une période de tâtonnement mais se sont sentis encouragés par leurs ventes.

En 1997 après 9 ans de production sur deux terrains éloignés l’un de l’autre ils ont la possibilité d’acheter 6 ha d’un seul tenant en fond de vallée. Ils y cultivent tout au long de l’année une gamme classique de 25 légumes sur 1,5 ha réparti entre plein champ et 6 tunnels froids. Bernard s’occupe plutôt de la production et des aspects administratifs ( déclaration PAC , cotisations spécifiques , autorisations de pompages , etc …) tandis que Laurence assure la transformation, la commercialisation et les aspects comptables.

Pour les besoins de la production, ils investissent surtout dans du petit matériel et achèteront une bineuse d’occasion en commun avec un voisin maraîcher.

En 2012 ils décident de diversifier leur production en plantant un verger de pommier qui représente aujourd’hui 2,3 ha. C’est un tournant pour l’exploitation, qui est passée de contrats salariés ponctuels à une petite équipe stable aidée pour certains travaux par des saisonniers. Même si cela rajoute de la pression, Bernard et Laurence reconnaissent que c’est satisfaisant de pouvoir faire vivre plus de monde.

Valoriser ses produits grâce à la vente directe et à la transformation

Au début de leur installation, la vente sur le marché de Carcassonne trois fois par semaine , complémenté par la livraison de paniers à domicile a contribué à développer et à fidéliser une clientèle. Au fil du temps Laurence a continué à assurer un seul marché hebdomadaire, a mis en place et développé un marché à la ferme tous les lundis. Ce marché, sur place qui existe depuis 12 ans, s’est ouvert à d’autres producteurs, est devenu un lieu de rencontre, et permet de répondre à la demande des consommateurs venant des villages aux alentours. En complément, une partie des produits sert à fournir plusieurs magasins Bio, Biocoop et épiceries. La majeure partie des légumes et des pommes est vendue en frais.

La transformation apporte un complément de revenu et permet de valoriser les surplus de fruits et légumes.

Laurence a bénéficié d’une formation sur la transformation . L’aménagement d’un laboratoire de transformation, a permis à Laurence, qui dit « aimer cuisiner », de développer une gamme de pâtés végétaux aux saveurs différentes suivant les saisons, et également des ratatouilles, des soupes, des confitures et des compotes.Seul le jus de pomme est transformé dans un atelier coopératif local.

Diversification non négligeable, le revenu des produits transformés représente 25% du total des ventes.

Contribuer à la bonne santé du sol et évoluer dans ses pratiques

Conscient de l’importance de la matière organique, Bernard enrichit son sol avec du compost qu’il fabrique sur place, pour ce faire, il a investi dans une fourche et un épandeur. Le compostage permet de valoriser les déchets des cultures produites sur place en les mélangeant à du marc de raisin et du fumier qu’il achète.

La maîtrise de l’herbe en maraîchage bio est un élément essentiel à la réussite des cultures. Le désherbage manuel étant très exigeant en main d’œuvre, Bernard a donc essayé plusieurs méthodes (faux semis, utilisation de paillage, solarisation ou désherbage thermique ….) qu’il a pu comparer et adapter en fonction des espèces.

Au départ Bernard et Laurence souhaitaient tout produire sur place, du semis à la récolte, dont la production de plants pour leurs cultures. Depuis 10 ans, ils achètent une partie de leurs plants à l’extérieur, ils y gagnent en précocité de culture en ayant les plants plus tôt. Ce choix leur a permis de libérer de l’espace et du temps.

Les échanges avec leurs voisins maraîchers, les rencontres ou journées techniques organisées par le Civam Bio contribuent à enrichir leurs savoirs -faire et participent à l’évolution de leurs pratiques.

Aujourd’hui la ferme a encore évolué : les terres maraîchères et les vergers ont été donnés en fermage à plusieurs personnes dont une des filles du couple et les repreneurs souhaitent s’orienter vers une forme collective.

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