Agronomie et Écologie

Alain a toujours souhaité pratiquer une agriculture solidaire, sa ferme devait être ouverte sur le monde. Cette philosophie de l’agriculture commence par le respect de ses sols et de ses animaux. Alain a donc cherché à comprendre comment fonctionne le sol, à connaitre les plantes bio-indicatrices, à continuer de cultiver une biodiversité qui se perd ; en particulier avec les blés-population (mais aussi l’orge, l’avoine et le seigle-population) qu’il a démarré en 1996. Pour réussir cela, il s’est formé à l’écologie fondamentale appliquée à l’agriculture. Cette approche avant-gardiste à l’époque l’a amené à observer et penser l’agriculture comme un système basé sur les échanges d’énergie et des flux de matière organique.

« Une grande partie de mon travail c’est l’observation. »

Ses connaissances ne sont pas restées à l’état de théorie. Suite à un remembrement, la reprise de terres fut un enseignement agronomique et technique. Cela a permis d’observer l’état des sols cultivés intensivement et les conséquences sur l’évolution de la flore cultivée ou «spontanée» et de la faune (dont la vie microbienne). À force de travail et de rigueur, il a réussi à leur redonner une qualité agronomique notable, mais surtout une qualité qu’elle aurait toujours dû conserver.

Il donne plusieurs formations sur les indicateurs biologiques, la fertilisation ou l’autonomie au sens large, en passant de l’autonomie en semence jusqu’à celle en intrants.

Approche historique de l’agriculture

Alain est passionné d’histoire et en particulier d’histoire agricole. Cette approche lui permet de considérer son travail et sa façon de le faire comme issus de phénomènes sociaux. Comprendre d’où l’on vient pour choisir où l’on va s’applique parfaitement à sa démarche. Ces recherches historiques lui permettent également de remettre au gout du jour des techniques ou des variétés perdues, mais aussi et surtout à comprendre son territoire.

Une soudaine réorientation de l’activité

Alain a décidé d’arrêter l’élevage en 2018 pour deux raisons.
La première était le vieillissement du troupeau et la perte de qualité de la production laitière. Son objectif était de garder les vaches le plus longtemps possible. Dès lors, soit il envoyait son troupeau à la réforme et repartait avec des génisses soit il arrêtait l’élevage.
La deuxième est sa volonté d’expérimenter autre chose : de montrer que l’autonomie d’une prairie n’est pas liée à l’amendement en déjections animales et d’expérimenter une gestion différente pour avoir toujours le développement de légumineuses. Pour lui, le fumier n’est pas un engrais de ferme. Quand on prend 100 de matière végétale et qu’on redonne 30 ou 40 de fèces, on n' »engraisse » pas le sol. Une grande partie des éléments a été prélevée par l’animal.

Transmettre son activité tout en respectant le travail effectué tourné vers l’autonomie

Pour transmettre son activité, il faudrait qu’il accepte la dissolution du GFA familial et récupère une partie des terres. Une volonté de ses neveux, héritiers des parts du groupement qui ne veulent plus garder cette structure de partage mais plutôt récupérer chacun leur terre pour les gérer à leur propre façon. Aujourd’hui, il refuse cette dissolution qui mettrait à mal le travail effectué pendant plusieurs années, notamment avec l’implantation de haies et d’essences fruitières locales. Ses neveux et nièces adhérents du GFA ne sont pas agriculteurs à temps plein. Certains ne le sont même pas du tout et font travailler leurs terres par une entreprise.

« Tant que je continue comme fermier, ils ne peuvent pas dissoudre. Il faut l’accord de la majorité des adhérents pour la dissolution et il faut aussi que ça représente 75% des parts. »

Pour lui, ça serait revivre l’expérience du remembrement qu’il a subit dans les années 90 où il a dut tout recommencer de zéro.

« Mon savoir-faire paysan, il en a pris un coup. Si j’accepte la dissolution, je laisse les terres aux mains de mes neveux qui ne produiront pas de la même façon. La qualité de mes terres dont j’ai pris soin pendant une quarantaine d’années va probablement se dégrader. »

Cependant, pour transmettre, il doit accepter cette dissolution.

« Ça fait plus de 10 ans que je réfléchi à la transmission. Depuis l’arrivée de mes neveux dans le GFA, j’ai vu que la ferme dans son intégralité, elle n’existait plus. »

Il envisage la possibilité de diversification des productions, comme des légumes de plein champ ou du maraichage, une production à forte valeur ajoutée à l’hectare.

Il pense se rapprocher de Bio en grand-est qui ont une cellule transmission pour trouver des porteurs de projet. Les difficultés pour Alain sont de trouver quelqu’un qui accepte de venir travailler sur 20ha (surface inférieure à la SMI dans la Marne), sans logement, dans la champagne crayeuse qui n’est pas forcément la région la plus attractive. Pour lui, la transmission doit se faire de manière très progressive. Il ne veut pas assommer les porteur de projet avec des reprises de capitaux importants et les obliger à faire des emprunts.

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